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Le Gers va-t-il ressembler à la Bretagne ?

Tel était le sujet du débat auquel le Pic Vert a assisté hier soir.  Organisé par Les Amis de la Terre et l'association Tasque Environnement, qui lutte contre un projet d'agrandissement d'une porcherie, ce débat a connu un réel succès. Succès que l'on rencontre chaque fois que la population est particulièrement inquiètée par un projet bien précis, mais également par la venue des tenants de cette agriculture productiviste qui détruit nos campagnes autant d'un point de vue environnemental que social.
Oh, pas très francs du collier tout de même puisqu'ils ont avancé masqués... Interrompant sans cesse les orateurs, un individu se présentant comme "chaudronnier au chômage qui a besoin de travailler pour vivre" finit par être démasqué comme étant un technicien agricole de la filière porcine à la solde des propriétaires de la porcherie !!!
Là on peut quand même sourire...
Mais tous les propriétaires de porcherie n'ont pas eu cette attitude peu délicate et un débat intéressant a pu s'instaurer entre tenants de cette industrie agricole qui produit des porcs, des volailles ou même parfois des bovins dans des conditions de proximité et environnementales peu satisfaisantes.

C'est Martine Delmas, présidente des Amis de la Terre du Gers qui dressait le tableau de l'élevage industriel dans le Gers. Ici c'est tout autant les élevages avicoles qui posent problème que les porcheries, mais de nombreuses demandes d'extensions ou même de créations sont en instance : d'où le titre du débat.
Suivait la présentation du problème de cette extension à Tasque avec la projection d'un diaporama très précis et complet.

Puis Gilles Huet, d'Eau et Rivières de Bretagne devait nous brosser le portrait de cette magnifique région qui est aujourd'hui la plus polluée de France... juste avant notre département !

Gilles-Huet-copie-1.jpg
Exposé très complet et brillamment mené qui confortait largement l'assistance dans ses craintes. Pas toute l'assistance certes, puisque les représentants de la FDSEA ne voient aucun problème dans le Gers (jusqu'à quand ? sans doute jusqu'à ce que la situation soit sérieusement étudiée, analysée et remontée jusqu'à l'Europe !)... Comme en Bretagne !

l-assistance.jpg
En attendant, et s'il est vrai qu'il y a moins de truies dans le département qu'il y a quelques années, de nombreuses demandes d'agrandissement de porcheries existantes sont en projet et attendent que le blocage de Tasque saute pour  bourgeonner un peu partout dans le département. Et puis ce n'est pas tellement le nombre total qui inquiète, c'est plus la taille et les pratiques qui sont en cause. De nombreux porcs élevés sur paille, des poules et poulets "élevés en plain air" tout autant qu'en "plein Gers" et dans des conditions de situation des élevages conformes aux règlements (et non en zone inondable comme à Tasque !) peuvent ne pas susciter notre opposition.

Nous ne consommons généralement pas ce genre de production (d'ailleurs en est-il beaucoup consommé dans notre département ?), mais nous consommons aussi de la viande (moins que la moyenne sans doute...)...

Pour conclure : un débat fort encourageant dans le sens où il semble indiquer un plus grand respect entre les tenants des deux types de production, à ceci près qu'il faut encore faire évoluer les mentalités comme en témoigne la relation qu'a fait La Dépêche du Midi de cette soirée. Oh, sans penser à mal sans doute, mais il y est écrit que les associations de défense de l'environnement seraient les tenants "d'une production à l'ancienne" alors que nous serons bien obligés de constater qu'il s'agit "d'une production de l'avenir", celle du passé étant l'élevage industriel non rentable pour les agriculteurs qui s'y sont lancés et qui ne vivent qu'à grands coups de subventions et de dégrèvements, aberration environnementale, aberration sociale puisqu'il a contribué à la désertification de nos campagnes, et sera bientôt délocalisé dans les pays où main d'œuvre à bon marché et aliments n'attendent que les décisions des grands groupes qui se partagent la production française pour leur permettre d'augmenter leurs profits...

L'élevage que nous souhaitons voir prospérer n'est pas délocalisable lui !!!
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