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Eh bé, dis donc, ça a drôlement augmenté !

Pour avoir deux petits “Pic’assiettes” dans sa descendance, Le Pic Vert s’intéresse au prix des cantines scolaires, plus encore il est vrai à ce qu’on met dans les assiettes de nos petits chérubins. Son attention a donc été retenue par un titre, rubrique « Pauilhac » sur la Dépêche du Midi du dimanche 7 décembre : Au menu du jour, la cantine scolaire...
Il a retrouvé là, fort bien relaté, le menu quotidien des écoliers d’une autre époque (la sienne ou à peu près...) : la gamelle !
Pour Pauilhac ce fut en 1966 l’ouverture de la cantine et on apprend que le repas était « d’une excellente qualité pour un prix modique (1,25 F au début)». On apprend qu’il « était parfois même demandé aux parents de fournir des patates et des œufs », dans ses souvenirs le Pic Vert pense plutôt qu’il s’agissait là d’une monnaie de substitution lorsque la sonnante et trébuchante faisait défaut...
Encore lycéen en 1966, l’oiseau qui vous cause ne se souvient pas du prix du repas au Lycée Maréchal Lannes de Lectoure, tout à côté... D’ailleurs il ne s’en souciait guère à l’époque !
Il a par contre commencé à y regarder de plus près lorsqu’il a été question qu’il gagne lui-même sa pitance... Et comme il a toujours fait dans la contestation, il a commencé à travailler lorsque les autres ont voulu s’arrêter... en mars 1968 ! C’est ainsi qu’il se retrouvait quelques semaines plus tard à battre le pavé auscitain avec ses petits camarades, qu’il a, pour la plupart, perdus de vue au rythme des plans de pré-retraites et licenciements économiques... Mais c’est un autre problème !
Il est des chiffres qui marquent, sans trop savoir pourquoi (peut-être simplement parce qu’à l’époque comme ses plumes rouges, ses neurones étaient aussi plus nombreux !) il se souvient fort bien de ses débuts dans le monde du travail et de sa rétribution itou... Il est vrai que la somme était maigrelette : 1,18 F de l’heure ! Pour 40 heures cela faisait dans les 360 F... Pour 40 heures, car celles du samedi matin n’étaient pas payées, elles étaient basées sur le volontariat (tiens, tiens...). Pas d’obligation donc... Cela pouvait simplement aider pour les augmentations futures, pour obtenir parfois des prêts généreusement accordés par la direction de l’époque (eh oui, les banques n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui !) afin de pouvoir améliorer le quotidien ou, déjà, acquérir un de ces tas de ferraille qui allaient faire et font encore le bonheur des honnêtes travailleurs. Heureusement les choses ont bien changé et aujourd’hui on travaille plus pour gagner plus, le samedi est payé normalement et même, pour les volontaires (tiens, encore !) le progrès fait qu’ils pourront travailler même le dimanche... Mais où vont s’arrêter ses libertés nouvelles ?
Mais revenons à nos cantines scolaires. Le rapprochement est facile : 1,25 F pour un repas en 1966, le salaire minimum horaire à 1,18 F  en 1968 (enfin au début de 1968, car n’en déplaise aux «pisse vinaigre» il fut sérieusement augmenté en cours d’année)...
Aujourd’hui dans sa commune préférée, ses petits oisillons payent 1,82 euros le repas.

Eh bé dis donc, ça a drôlement augmenté !!!!

Oui mais le SMIC horaire est de 6,84 euros net. Donc, calcul simple : en 1966 il fallait travailler 1 heure et 5 minutes pour nourrir son rejeton alors qu’aujourd’hui il suffit de 16 minutes... Soit quatre fois moins longtemps ! Ce qui mettrait le prix du repas en cantine à 7,41 euros. Alors là on n'aurait pas besoin de la restauration industrielle avec ses poissons panés et autres cordons bleus ! Il y aurait de quoi payer cantinière, surveillance, produits frais et locaux issus d'une agriculture biologique qui serait correctement rétribuée ! Avec tous les avantages sociaux et environnementaux qui en découlent comme aux environs de Munich par exemple... Cliquez pour en savoir plus sur cette expérience...
Et pour compléter un peu le tableau : Le Pic Vert payait une pension complète chez un dame auscitaine 280 F/mois, ce qui lui laissait environ 80 F pour tout le reste. Parmi ce reste il fallait compter 0,92 F pour un litre d’essence (cela mettrait le litre aujourd’hui à 5,32 euros, catastrophe ! vraiment ?) et l’entrée au bal (oui on ne parlait pas encore ou si peu de boîtes...) était à environ 6 F (ce qui ferait aujourd’hui aux alentours de 34 euros). Peu après, votre serviteur qui ne reculait vraiment devant rien à l’époque (l’euphorie de mai 68 n’était pas encore retombée...), allait faire l’acquisition d’une magnifique R8 Spéciale bleue (neuve s’il vous plaît, il a été jeune lui aussi...) pour la modique somme de 8 500 F (soit, si on applique le même calcul : la modique somme de 49 237 euros aujourd’hui)...
Oui, mais à l’époque tout le monde avait du travail ! Ça c’est vrai...
Et puis la nourriture était le poste essentiel du budget : mais pas de vache folle, pas de poulets-veaux-vaches-cochons à la dioxine, pas de légumes ni fruits frais à toutes saisons. Et puis on n’importait pas tous ces produits de pacotille qui inondent le marché actuellement, savez-vous que nous n’avions pas de GPS ni de détecteur de radar ! La zone vous dis-je !

Qu’est-ce que tu as dû être malheureux papy !

Bon, là je me tais car je n’ose pas leur parler de leur avenir...

Vous croyez qu’ils nous accuseront ?
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